Qui a des droits sur quoi ?
Les images ainsi créées n’appartiennent à personne et ne sont pas soumises au droit d’auteur, il y a pour le moment un vide juridique autour de ces images. Elles sont dans le domaine public et tout un chacun peut les utiliser, même si elles ont été « créées » à la demande de quelqu’un d’autre. Lorsque l’on s’abonne à Midjourney, on accède également à la galerie de toutes les créations, et l’on peut s’y servir, ou recopier les invites (descriptions) pour tenter de refaire d’autres images sur le même thème. Même si on tape exactement la même invite, on peut obtenir chaque fois des résultats très différents. Pour cette raison, j’estime que le fait de lancer une invite ne fait pas de nous un créateur.
Lorsque l’on s’abonne à Midjourney pour pouvoir créer des images, en vérité on n’achète pas le résultat, on achète du « temps de calcul » du robot. C’est, à mon sens, une façon de la part des créateurs du bot de se prémunir d’une quelconque responsabilité en termes de droits d’auteur sur les images en reportant sur l’utilisateur les éventuels problèmes auxquels il pourrait être soumis en cas d’attaque sur une question de droits.
A mon sens, il est possible que cela arrive un jour, si une image de Midjourney devait reprendre des éléments spécifiques à une marque ou à du contenu couvert par le droit d’auteur, qui serait tout à fait identifiable.
La variété des images produites, la beauté de certaines, nous donne la tentation de nous attribuer la paternité, voire de les mettre en vente sur différents supports, sans forcément dévoiler leur origine. Certains « artistes numériques » ont ainsi été démasqués.
Sans instructions spécifiques de rendu, MidJourney a son propre style.
Ce qui pose question, c’est qu’en vérité ils n’enfreignent aucune loi en utilisant et retravaillant parfois ces images, mais peut-on encore les considérer comme des artistes ?
L’avènement de l’intelligence artificielle qui peut totalement remplacer l’humain (en exploitant néanmoins sans rétribution son travail de base) se développe autant dans le domaine de l’image, que dans le domaine de la musique (création quasi instantanée de morceaux complets) ou de l’écriture (écriture autonome de contenu).
Cette tendance signe-t-elle la fin du monde réel, de la valorisation des compétences et de l’art créé par des humains ?
L’avenir nous le dira.