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Révoltées 2ᵉ édition : Des regards qui refusent le silence


En mars, mois des luttes et des voix qui se lèvent, Amazone ASBL reçoit à nouveau Women We Share pour la deuxième édition de Révoltées.

Sept photographes du club photo de Women We Share investissent les murs pour y dévoiler des fragments de vie, des gestes de courage et des regards qui refusent le silence.

Du 2 au 26 mars 2026, venez à la rencontre de leurs univers.


Sept artistes, sept façons de résister

Nafi Yao — Saturée

Photographe et artiste visuelle, Nafi Yao développe une pratique engagée à la croisée de l’intime et du politique. Son projet Saturée aborde la charge mentale non pas comme un concept à expliquer, mais comme une expérience à éprouver. Par l’accumulation et la répétition, elle transforme une pression invisible en état perceptible, physique, presque tangible. Une œuvre qui ne laisse pas indemne. www.nafiyaofemmephotographe.art

Dominique Istaz — Femmes solidaires, fortes et fières

Alias Domistaz, Dominique Istaz place depuis longtemps l’image des femmes au cœur de son travail, opposant ce que la société impose à ce que nous sommes vraiment. Sa série est née dans des studios artisanaux lors des journées de préparation aux marches du 25 novembre et du 8 mars, organisées par Waka-Up ASBL avec le centre d’accueil jettois de la Croix-Rouge. Des femmes photographiées ensemble, avant de descendre dans la rue. Cette année, le projet La laine contre la haine des Tisse-Reines, qui sensibilise aux violences de genre, y a également trouvé sa place.

Vanessa Vanderkelen — Le féminisme en héritage

Un projet sonore et photographique né au sein de la cellule féministe de Vie Féminine Centr’Hainaut. Vanessa Vanderkelen a rencontré, interviewé et photographié des militantes de la deuxième vague féministe — ces femmes qui, dans les années 60 à 80, ont porté des combats majeurs pour la liberté, l’égalité et l’émancipation. Elles s’appellent Aline, Clémence, Inès, Léna, Rita. Ce travail collectif crée un espace de mémoire et de transmission, pour que leurs luttes continuent d’éclairer les nôtres. Leurs voix sont aussi disponibles sur www.bigoudis.be.

Karin BaliS’Habiller au Monde

Artiste photographe visuelle et contemplative, Karin Bali puise dans les murmures du monde et les rencontres humaines. Son projet S’Habiller au Monde explore comment les personnes issues de minorités apprennent à se présenter dans une société qui projette sur elles normes et attentes. L’habillement n’y est pas qu’un vêtement : c’est un langage. Il révèle comment la parole, le corps et l’apparence deviennent des terrains où se jouent identité, adaptation et résistance. Une invitation à questionner nos biais et à reconnaître le droit fondamental de chaque femme à se présenter librement au monde.

Layna Ajbailou — Le cri des femmes

Depuis 2014, Layna Ajbailou parcourt rassemblements et manifestations, appareil photo en main, pour capturer l’énergie de celles et ceux qui se lèvent pour être entendus. Sa sélection de photos témoigne de la résilience et de la solidarité de ces femmes qui marchent, pancarte en main, pour dénoncer les injustices et revendiquer leurs droits. Un cri n’est jamais seul. C’est une voix collective — et ces images en sont la preuve.

Laurie Meghan — Dans le silence des forces

Photographe et réalisatrice, Laurie Meghan inscrit son travail autour de l’identité, de l’amour et de la transmission. Son projet Dans le silence des forces, réalisé aux Mamelles de Dakar — deux collines volcaniques face à l’océan, témoin silencieux de siècles de ruptures et de déplacements forcés — plonge dans une histoire que les corps portent encore. Celui des femmes africaines arrachées, exploitées, réduites. Et pourtant debout. Pourtant transmettrices. Laurie n’a pas voulu illustrer la douleur. Elle a choisi de montrer la force — celle qui réside dans les présences discrètes qui tiennent, relient et traversent le temps.

Alice Impellizzeri — Gros·ses

Photographe et réalisatrice, Alice Impellizzeri explore l’intimité, le quotidien et la diversité des corps. En tant que femme grosse, la lutte contre la grossophobie traverse son travail en profondeur. Son projet Gros·ses donne de la place à celleux qu’une société grossophobe invisibilise. Chaque portrait est né d’une question posée à la personne photographiée : Comment veux-tu te montrer au monde ? Parce que la représentation n’est pas un détail — elle permet de s’identifier, de créer du lien, d’habituer son regard. Gros·ses est un projet qui se prolonge : si vous souhaitez y participer, contactez Alice directement.


Venez à leur rencontre

L’exposition est accompagnée de deux temps forts ouverts à toutes et tous, sans inscription :

Le jeudi 5 mars, le vernissage ouvre les portes de l’exposition de 18h à 20h — l’occasion de découvrir les œuvres et de rencontrer les artistes dans une atmosphère chaleureuse.

Le vendredi 13 mars, un atelier broderie sur photo est organisé de 15h à 18h. Broder sur une image, c’est lui ajouter une nouvelle voix. Pas besoin de savoir broder, juste envie de faire et d’apprendre. L’atelier se déroulera en même temps que la permanence des artistes, qui seront présentes pour échanger et répondre à vos questions.


Lieu: Amazone — Rue du Méridien 10, 1210 Bruxelles 🗓️ Du 2 au 26 mars 2026 — accès libre, lundi au vendredi, 9h–18h 🥂 Vernissage — jeudi 5 mars, 18h–20h 🧵 Atelier broderie + permanence — vendredi 13 mars, 15h–18h Sans inscription — entrée libre